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Cette page a été traduite de l'original allemand, en partie par une machine. Certaines formulations peuvent être maladroites ou inexactes. En cas de doute, veuillez consulter l'original.

Pensée critique - Prendre la religion à son propre jeu

 

1. Une pause humoristique qui donne à réfléchir

  • Il existe une manière ironique d’utiliser la pensée critique contre la religion, et donc de promouvoir l’athéisme : non pas la réfuter de front, mais s’installer dans son propre raisonnement pour en montrer les conséquences.
  • L’exemple retenu est le pastafarisme, la « religion » de ceux qui soutiennent que le monde a été créé par un spaghetti volant, indétectable par les moyens de l’observation scientifique.

2. L’argument retourné

  • Lorsqu’on leur objecte qu’il s’agit d’une conception fantaisiste et que rien ne peut prouver l’existence de cet énorme spaghetti volant, le Flying Spaghetti Monster, les pastafariens rétorquent qu’on ne peut pas davantage prouver la Trinité, la conception virginale de Jésus ou les miracles que ce dernier aurait accomplis.
  • La manœuvre consiste donc à s’immiscer dans le système plutôt qu’à l’attaquer de l’extérieur : on accepte provisoirement les règles de l’adversaire pour faire apparaître qu’elles autorisent n’importe quoi.

3. Le rappel de la querelle créationniste

  • Dans la querelle du créationnisme, les défenseurs de la « science de la création » avaient voulu qu’on accorde autant de temps d’enseignement à leur doctrine qu’à la science de l’évolution darwinienne.
  • La Cour suprême leur avait donné tort par l’arrêt Edwards v. Aguillard de 1987, après quoi les créationnistes ont tenté de substituer le dessein intelligent à la pseudo-science de la création.

4. La surenchère pastafarienne

  • Les pastafariens proposent, dans le but évident de montrer l’absurdité d’une telle position, qu’on enseigne un tiers du temps le dessein intelligent, un tiers le spaghetti volant, un tiers les thèses scientifiquement validées, en l’occurrence la théorie de l’évolution.
  • Leur thèse centrale : si l’on adhère aux exigences de la pensée critique, le christianisme et les autres religions établies de longue date ne possèdent pas plus de valeur que la théorie du spaghetti volant.

5. Les prolongements européens

  • Le pastafarisme intéresse aujourd’hui les athées européens, eux aussi confrontés aux théories du dessein intelligent, par exemple dans L’Atlas de la création de Harun Yahya, déjà mentionné.
  • L’idée pourrait leur venir de s’insérer dans le système pour en démontrer l’absurdité dans les pays qui, comme la Belgique, subventionnent les cultes et organisent à l’école publique des cours de religion et de morale non confessionnelle : il suffirait de demander leur reconnaissance à titre d’« Église » reconnue.

Le procédé se laisse résumer d’une formule : singer la religion est, pour la pensée critique, une manière d’en démontrer l’absurdité dans ses aspects dogmatiques. Le pastafarisme pourrait ainsi s’insinuer dans l’enseignement de la biologie aux États-Unis ou dans le système des cultes reconnus en Belgique.

Ce qui rend l’exemple intéressant pour la pensée critique, c’est qu’il ne s’agit pas d’une plaisanterie gratuite mais d’un argument de forme : il teste la cohérence d’une règle en lui appliquant un cas que ses promoteurs n’avaient pas prévu. Si le critère invoqué pour faire entrer une doctrine à l’école laisse aussi entrer le spaghetti volant, c’est le critère lui-même qui est en défaut.