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This page was translated from the German original, partly by machine. Some passages may read awkwardly or contain inaccuracies. When in doubt, please read the original.

Pensée critique - L'Athéisme, la providence et la question du mal

 

1. La providence, point de friction avec la pensée critique

  • La pensée critique tient pour indémontrable l’idée d’une intervention divine dans le monde.
  • Or, dans l’histoire du christianisme, la croyance en Dieu a toujours été associée à celle de sa providence, c’est-à-dire de son action dans le monde : Dieu s’occupe de ses créatures, il voit tout, il punit et récompense, dans cette vie et après la mort.

2. Un dieu qui n’intervient pas est-il encore un dieu ?

  • L’histoire de la philosophie a certes conçu un dieu, ou des dieux, indifférents aux hommes et n’intervenant pas dans leurs actions.
  • Mais c’est alors se forger l’idée d’un dieu qui ne sert pas à grand-chose : s’il n’a aucune influence sur notre vie, s’il ne sanctionne ni ne récompense, en particulier au jour du jugement dernier, à quoi sert-il ? Et surtout, quelle différence y a-t-il entre croire et ne pas croire ?

3. D’Épicure à Lucrèce : la pente vers l’incroyance

  • Épicure, grand philosophe matérialiste du début du IIIe siècle avant notre ère, concevait des dieux indifférents au monde des hommes. Il en concluait qu’il ne fallait pas craindre leur vengeance : après la mort, il n’y a rien, ni souffrance de l’enfer ni bonheur éternel. Rien à craindre ni à espérer au-delà de cette vie courte, dont il fallait jouir.
  • Entre la croyance en des dieux inutiles, indifférents au sort de l’humanité, et l’incroyance proprement dite, il n’y a qu’un pas. Lucrèce, philosophe romain du Ier siècle avant notre ère, a repris et transmis la pensée d’Épicure, et semble bien n’avoir plus cru même à ces dieux indifférents.
  • C’est pour cette raison que l’Église n’a jamais voulu transiger sur la providence : Dieu existe, il a un plan pour l’humanité, il récompensera et châtiera les bons et les méchants. Refuser la providence, c’est selon elle laisser l’homme libre de vivre selon sa seule pensée critique, et donc frayer la voie à l’athéisme.

4. Le problème du mal

  • Mais cette notion de providence possède en elle-même des failles qui peuvent miner la foi et mener à l’athéisme.
  • Si Dieu est, comme le dit l’Église, infiniment puissant et infiniment bon, comment se fait-il que le mal existe ? Pourquoi des enfants innocents souffrent-ils et meurent-ils ?
  • Le dilemme se referme des deux côtés. Si l’homme est responsable du mal, Dieu n’est pas tout-puissant, puisqu’il veut le bien et que l’homme est capable de lui imposer sa volonté. Si au contraire c’est Dieu qui a voulu le mal, rien ne lui échappant, il est bien infiniment puissant, mais il n’est pas infiniment bon.
  • Ce problème théologique du mal peut mener à l’incroyance. Le cours cite, pour le judaïsme cette fois, la question de savoir comment continuer à croire en un Dieu bon après la Shoah, qu’il a laissée s’accomplir, sourd qu’il fut aux appels de détresse.

5. Une réponse jugée faible

  • La formule du penseur critique tient en une alternative : sans providence, Dieu est inutile ; et s’il exerce sa providence, il n’est pas infiniment bon. Dès lors, que peut signifier croire en un dieu qui tolère le mal ?
  • L’Église a tenté de sortir de cette difficulté en décrétant que les voies de la providence sont insondables, ce qui était sans doute une réponse faible à une question brûlante.

On voit donc à quel point la question de la providence divine est problématique, et combien elle rend la doctrine vulnérable aux objections de la pensée critique. Et, réponse du berger à la bergère, celle-ci s’est bien entendu vu accuser de favoriser ainsi l’athéisme.

Pour la pensée critique, l’intérêt de ce passage tient à la forme de l’argument : il ne s’attaque pas à la croyance de l’extérieur, mais montre que deux affirmations tenues ensemble par la doctrine elle-même, la toute-puissance et la bonté infinie, deviennent difficiles à maintenir simultanément dès qu’on y ajoute un fait constaté, l’existence du mal. C’est une objection interne, et c’est ce qui en fait la force.

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