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Cette page a été traduite de l'original allemand, en partie par une machine. Certaines formulations peuvent être maladroites ou inexactes. En cas de doute, veuillez consulter l'original.

Qu'est-ce que la pensée critique ?

la pensée critique est essentielle pour donner du sens au monde

Critical thinking is essential to make sense of our world, especially with advertisers and politicians all telling us loudly that they know best. We need to be able to look at the evidence and work out whether we agree with them. (Helen Czerski)

La pensée critique est indispensable pour donner du sens à notre monde, surtout lorsque les publicitaires et les responsables politiques nous répètent tous haut et fort qu'ils savent mieux que nous. Nous devons être capables d'examiner les faits et de déterminer par nous-mêmes si nous sommes d'accord avec eux.

De quoi parlons-nous lorsque nous parlons de pensée critique ?

en bref

La pensée critique est la réponse à la question :

Pourquoi devrais-je croire cela ?

La pensée critique est, d'une part, la capacité de penser de manière réfléchie et indépendante, ainsi que de formuler ses idées de façon claire et rationnelle. C'est un processus actif et systématique qui vise à analyser, évaluer et interpréter l'information.

L'objectif : prendre des décisions bien informées pour nous-mêmes, pour notre entourage et pour notre environnement.1

Au fond, la pensée critique signifie penser par soi-même. Il s'agit de :

  • analyser les idées et les arguments
  • évaluer les arguments et les affirmations.
  • remettre en question les affirmations
  • tirer des conclusions et trouver des alternatives
  • garder un esprit ouvert (sans tomber dans la naïveté)
  • douter de manière constructive
  • réfléchir par soi-même pour se forger ses propres opinions et prendre ses propres décisions
L'origine (étymologie) de la pensée critique

De la Critique de la raison pure de Kant, en passant par un point critique jusqu'aux temps critiques dans lesquels nous vivons, « critique » est partout et a de multiples visages. Le mot nous est parvenu en partie par le français « critique », qui a donné en allemand « kritisch » et « Kritik ». À l'origine, il vient du latin « criticus ». Les Romains l'ont, comme souvent, emprunté aux Grecs, chez qui il se dit « κριτικός » (kritikos) et signifie : « capable de distinguer » ou « apte à juger ». Il est apparenté à κρίσις (crisis) et dérivé du verbe « krinein », qui signifie à peu près : « distinguer », « choisir », « décider », « trier ».

Un autre penseur important dans l'histoire de la pensée critique fut John Dewey (1910), un philosophe pragmatiste américain, qui l'appelait « reflective thinking » (la pensée réflexive). Pour Dewey, la pensée réflexive ou critique est : « l'examen actif, persévérant et attentif de toute croyance ou forme supposée de savoir, à la lumière des raisons qui la soutiennent et des conclusions ultérieures auxquelles elle conduit.
(active, persistent and careful consideration of any belief or supposed form of knowledge in the light of the grounds that support it, and the further conclusions to which it tends.) »2

La pensée critique comme métacognition

Métacognition ? Méta- quoi ? Cela paraît maintenant très chic et académique, mais il s'agit tout simplement de penser sur la pensée. Les philosophes appellent cela « adopter le méta-niveau », et puisque nous parlons de cognition, c'est donc la méta-cognition.

Nous devrions simplement nous demander plus souvent quand nous pensons bien et quand nous nous égarons, et pourquoi.

L'un des plus sages parmi les anciens philosophes, Socrate (encore un Grec de l'Antiquité, et le héros de notre histoire), en a fait la démonstration avec ses dialogues, que son élève Platon a consignés par écrit.

💬Citation

« Je sais que je ne sais rien » littéralement : « Car je savais de moi-même que je ne savais absolument rien… »

Socrate dans Platon : Apologie de Socrate 22d

Socrate ne voulait évidemment pas dire qu'il était un nigaud, mais simplement qu'il avait conscience que son savoir est limité. Socrate s'est sans cesse interrogé lui-même et a interrogé les autres, afin de comprendre ce qu'ils savaient vraiment et ce qui n'était qu'opinion ou préjugé.

Le fait de remettre constamment en question les convictions de ses semblables lui a valu de profondes amitiés, mais lui a aussi fait beaucoup d'ennemis, qui l'ont finalement condamné à mort.

Les capacités et les attitudes de la pensée critique

À l'époque moderne, la pensée critique a notamment été remise à l'honneur par Peter Facione. Dans son célèbre « Delphi Report » 3, suivant les nombreux experts qui y ont participé, il a surtout distingué deux choses :

Distinction

capacités cognitives vs. attitudes affectives

Parmi les capacités cognitives, on trouve :

  1. L'interprétation : la capacité de comprendre des informations, des énoncés ou des données et d'en saisir le sens dans le contexte donné.
  2. L'analyse : la capacité de décomposer des arguments, des affirmations ou des problèmes en leurs éléments constitutifs et d'en reconnaître la structure ainsi que les liens.
  3. L'évaluation (l'appréciation) : la capacité d'examiner et d'apprécier de façon critique la crédibilité d'énoncés, d'arguments ou de sources.
  4. L'inférence (le fait de conclure) : la capacité de tirer des conclusions logiques à partir des informations disponibles et d'en dériver des hypothèses.
  5. L'explication : la capacité de présenter et de justifier ses propres réflexions, arguments et conclusions de manière claire et compréhensible.
  6. L'autorégulation : la capacité de surveiller sa propre pensée, de reconnaître ses erreurs et de corriger le processus de pensée si nécessaire.

Facione, les capacités de la pensée critique

Les attitudes (le versant affectif)

Outre les capacités cognitives, Facione met l'accent sur les attitudes affectives (affective dispositions) comme deuxième versant important de la pensée critique. En font partie des dispositions telles que :

  • la curiosité intellectuelle,
  • l'ouverture d'esprit,
  • l'équité,
  • la modestie intellectuelle,
  • le courage de la vérité,
  • la persévérance
  • la disposition à remettre en question ses propres préjugés4

J'ai mis en évidence les points qui sont rarement mentionnés, mais qui sont pourtant les plus importants.

Qui ne connaît pas des personnes très intelligentes, dotées de toutes les capacités cognitives (scientifiques, philosophes, dirigeants d'entreprise), mais qui échouent parce qu'elles sont incapables de remettre en question leurs propres vérités ?

Ces attitudes favorisent une manière de penser constructive, autocritique et ouverte.

Ces attitudes t'aident à :

  • T'orienter : elles t'aident à ne pas t'égarer aveuglément.
  • Coopérer : elles t'aident à travailler avec des personnes d'un autre avis.
  • Te corriger : elles t'aident à dire : « Oups, là je me suis trompé. »
  • Changer : elles t'aident à continuer de te développer.

La pensée critique n'est pas une capacité innée ; elle doit être apprise et développée continuellement.

Elle requiert de la pratique, de l'autoréflexion et la disposition à remettre en question ses propres processus de pensée.

C'est parti !

Footnotes

  1. Tu le remarques, il ne s'agit pas seulement de toi, mais aussi des autres et de notre environnement. La pensée critique est une compétence sociale.

  2. John Dewey, 1910, How We Think

  3. Peter A. Facione : Critical Thinking: A Statement of Expert Consensus for Purposes of Educational Assessment and Instruction., ERIC, Institute of Education Sciences, 1990, pp.1-112, Santa Clara University 1990.

  4. "The ideal critical thinker is habitually inquisitive, well-informed, trustful of reason, open-minded, flexible, fair-minded in evaluation, honest in facing personal biases, prudent in making judgments, willing to reconsider, clear about issues, orderly in complex matters, diligent in seeking relevant information, reasonable in the selection of criteria, focused in inquiry, and persistent in seeking results which are as precise as the subject and the circumstances of inquiry permit."