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Vérification des faits et outils de vérification

Il n'est pas nécessaire de tout vérifier soi-même ; souvent, des professionnels l'ont déjà fait. Et pour les cas que l'on traite soi-même, il existe de bons outils gratuits.

Services sérieux de vérification des faits

Voici quelques services de vérification reconnus, dans l'espace francophone comme germanophone :

  • 🇫🇷 Les Décodeurs (Le Monde) : la cellule de vérification du quotidien Le Monde (lemonde.fr/les-decodeurs)
  • 🇫🇷 AFP Factuel : le service de vérification de l'Agence France-Presse (factuel.afp.com)
  • 🇫🇷 Vrai ou Faux (franceinfo) : audiovisuel public
  • 🇫🇷 CheckNews (Libération) : vérification à la demande des lecteurs (liberation.fr/checknews)
  • 🇫🇷 HoaxBuster : contre les canulars et les rumeurs sur Internet (hoaxbuster.com)
  • 🇩🇪 CORRECTIV.Faktencheck : centre de recherche d'intérêt général (correctiv.org/faktencheck)
  • 🇩🇪 ARD-Faktenfinder (Tagesschau) : audiovisuel public allemand (tagesschau.de/faktenfinder)
  • 🇩🇪 dpa-Faktencheck : agence de presse allemande
  • 🇩🇪 #Faktenfuchs (Bayerischer Rundfunk)
  • 🇩🇪 Mimikama : contre les abus et les canulars sur Internet (mimikama.org)

Sur le plan international, on connaît notamment Snopes, PolitiFact et Full Fact, ainsi que l'AFP Fact Check de l'Agence France-Presse.

Mon conseil

Les vérificateurs de faits eux-mêmes se contrôlent par lecture latérale. La fiabilité se reconnaît à la transparence : les sources sont-elles divulguées ? Existe-t-il une pratique visible de correction ? Le financement est-il identifiable ?

Le label de qualité de l'IFCN

Un bon repère est l'adhésion à l'International Fact-Checking Network (IFCN) du Poynter Institute. Qui signe son Code of Principles (introduit en 2016) s'engage sur cinq principes, dont le respect est contrôlé par des évaluateurs indépendants (ifcncodeofprinciples.poynter.org) :

  1. Impartialité et équité : la même mesure pour tous.
  2. Transparence des sources : divulguer les preuves pour que les lecteurs puissent vérifier.
  3. Transparence du financement et de l'organisation.
  4. Transparence de la méthode : expliquer comment la vérification est menée.
  5. Corrections ouvertes et honnêtes.

Ces cinq principes constituent d'ailleurs un bon critère pour toute source, et pas seulement pour les vérificateurs de faits.

Un organigramme de contrôle

Qui souhaite procéder soi-même de façon structurée peut s'appuyer sur l'organigramme EUfactcheck, un outil pédagogique destiné aux étudiants en journalisme. Il décompose la vérification en trois étapes (eufactcheck.eu) :

  1. Analyser l'affirmation : qu'affirme-t-on exactement ? Quelle partie constitue véritablement un fait vérifiable ?
  2. Analyser l'auteur ou la source : qui l'affirme ? Avec quelle crédibilité, quelle expertise et quel motif possible ?
  3. Vérifier les faits : rechercher les preuves et déterminer l'exactitude.

C'est au fond la même logique que SIFT, mais en plus détaillé.

Outils de vérification d'images et de vidéos

Les images et les vidéos sont les vecteurs les plus fréquents de désinformation, parce qu'elles paraissent si convaincantes. Ces outils sont utiles :

  • Recherche d'image inversée : où une image apparaît-elle ailleurs, et quel est son âge ?
  • InVID / WeVerify : une extension de navigateur gratuite qui regroupe de nombreux outils de vérification : extraire des images fixes de vidéos, recherche inversée, consulter les métadonnées, agrandir des fragments d'image (invid-project.eu).
  • Géolocalisation : avec Google Maps / Street View, on peut vérifier, à partir des bâtiments, des panneaux ou du paysage, si une image a réellement été prise au lieu indiqué.
  • Données EXIF : les fichiers image contiennent parfois des métadonnées (heure de prise de vue, appareil, GPS). On peut les lire avec des outils comme Pic2Map. Attention : les réseaux sociaux suppriment généralement ces données lors du téléversement.

🇩🇪 CORRECTIV/GADMO propose un guide pratique de géolocalisation (en allemand) : Geolocation: 5 Tipps, um den Aufnahmeort eines Bilds zu finden.

S'entraîner à la compétence de vérification

Qui souhaite s'entraîner à la lecture latérale avec de vrais exemples trouvera, auprès du programme canadien Ctrl-F (CIVIX), des exercices et des vidéos gratuits en anglais et en français (ctrl-f.ca). Une étude menée auprès de plus de 2 300 élèves a montré que, grâce au programme, la proportion de ceux qui lisaient de façon latérale est passée de 11 % à 59 % : la compétence de vérification est donc bel et bien un savoir qui s'acquiert.

En bref

Vérifier soi-même ou recourir à des vérificateurs de faits sérieux : les deux sont valables. Pour les images, la règle est : la recherche inversée d'abord. Elle démasque en quelques secondes la plupart des falsifications « sorties de leur contexte ».