Énergie éolienne
Le vent n'est rien d'autre que de la lumière solaire en mouvement. Le soleil chauffe l'air de façon inégale, et voilà qu'il souffle.
Le vent fait partie des plus anciens serviteurs de l'humanité. Bien avant que quiconque ne parle d'électricité, il poussait les navires sur les mers et les moulins dans les champs. Et au fond, l'énergie éolienne n'est qu'une forme déguisée d'énergie solaire : le soleil réchauffe la terre et l'eau de manière inégale, l'air chaud monte, l'air froid afflue, et ce mouvement de compensation, nous l'appelons le vent.
Un peu d'histoire
Les bateaux à voile existaient déjà il y a plus de 5000 ans, les moulins à vent depuis un millier d'années, d'abord en Perse, puis dans toute l'Europe. Ils moulaient le grain et pompaient l'eau ; les Pays-Bas ont asséché grâce à eux des régions entières. Le moulin à vent fut pendant des siècles la machine la plus puissante que possédait un village. À la fin du XIXe siècle, on construisit les premières éoliennes qui entraînaient un générateur électrique au lieu de meules. Mais la grande percée n'arriva qu'avec les chocs pétroliers des années 1970, lorsque tout le monde se mit soudain à chercher des sources d'énergie nationales.1
Comment cela fonctionne
Le principe est étonnamment simple : le vent pousse contre les pales du rotor, elles tournent, et cette rotation entraîne un générateur qui produit de l'électricité. Les installations modernes sont toutefois de la haute technologie. Leurs pales sont plus longues qu'un terrain de football n'est large, elles tournent apparemment sans hâte et captent pourtant des forces énormes. Car la puissance croît très vite avec la vitesse du vent : deux fois plus de vent ne signifie pas deux fois, mais environ huit fois plus d'énergie. C'est pourquoi chaque mètre de hauteur compte, là où le vent souffle plus fort et plus régulièrement.
Aujourd'hui : à terre, en mer et dans les vagues
On distingue deux mondes. Onshore, c'est-à-dire à terre, se trouve la majorité des installations ; elles sont peu coûteuses et rapides à construire, mais se heurtent à un espace limité et à des riverains qui n'en veulent pas devant leur porte. Offshore, en mer, le vent souffle plus fort et plus régulièrement, raison pour laquelle d'immenses parcs éoliens y voient le jour. Ils fournissent beaucoup et de façon fiable, mais sont chers à construire et à entretenir, car l'eau salée et la tempête sont des adversaires impitoyables.
Une troisième idée est l'énergie houlomotrice. Parce que le vent soulève les vagues, celles-ci contiennent également de la force éolienne, simplement stockée en décalé. Les installations qui tirent de l'électricité du mouvement des vagues dépassent à peine, jusqu'ici, le stade de l'essai : la mer détruit la technique plus vite qu'elle ne devient rentable. Un bon exemple du fait qu'une source d'énergie physiquement possible est encore loin d'être une source d'énergie pratique.
Avantages
Le vent est gratuit, inépuisable et exempt, à l'usage, de gaz d'échappement et de CO₂. Une grande éolienne reproduit en quelques mois l'énergie nécessaire à sa construction. Et elle complète excellemment le soleil : en hiver et la nuit, quand le photovoltaïque faiblit, c'est souvent là que le vent souffle le plus fort. Ensemble, les deux couvrent une part de l'année bien plus grande que chacun pris séparément.
Inconvénients
Le hic évident : le vent aussi vient et repart comme il veut. Les jours de calme plat, les rotors s'arrêtent, et l'électricité ne peut pas être produite en réserve. Comme pour le soleil, il faut donc des stockages, des réseaux et des centrales de réserve flexibles.
S'y ajoutent des conflits bien concrets sur le terrain. Les éoliennes sont visibles de loin et transforment les paysages, elles produisent un bruit faible mais continu, et leurs rotors peuvent devenir dangereux pour les oiseaux et les chauves-souris. Ces objections sont à prendre au sérieux, mais elles sont aussi volontiers gonflées politiquement : la protection des oiseaux surgit dans le débat, de façon frappante, précisément là où quelqu'un ne veut tout simplement pas voir l'installation, tandis que des dangers bien plus meurtriers pour les oiseaux, comme les vitres et les chats, n'émeuvent personne.
Le regard critique
Peu de sources d'énergie sont aussi disputées que le vent, parce qu'on la voit. Une centrale à gaz en périphérie de la ville, presque personne ne la remarque ; une éolienne à l'horizon, en revanche, tout le monde. C'est justement ce qui rend le débat instructif : il montre qu'il s'agit rarement de technique seule, mais d'esthétique, d'habitude et de la question de savoir qui porte les charges et qui en retire le bénéfice.
Qui veut juger de façon autonome demande donc : à qui appartient le parc éolien, à un fonds lointain ou à une coopérative citoyenne du village ? Les bénéfices s'en vont-ils ailleurs ou restent-ils dans la région ? L'expérience montre que là où les habitants sont associés et gagnent aussi leur part, la résistance diminue étonnamment vite. Le vent lui-même est neutre. Qu'il soit vécu comme une nuisance ou comme un gain commun, ce n'est pas la technique qui en décide, mais l'équité avec laquelle nous l'organisons.