Skip to main content
note
This page was translated from the German original, partly by machine. Some passages may read awkwardly or contain inaccuracies. When in doubt, please read the original.

Pensée critique - La question de la Laïcité

 

1. Ce que le module a établi

  • Le module part d’une définition générale de la laïcité, appuyée sur trois idées : la neutralité de l’État, la liberté de conscience et la non-discrimination.
  • Cette définition n’est pas un point d’arrivée mais un point de départ : elle sert ensuite à mesurer les cas concrets où la laïcité est mise sous tension.

2. Des laïcités au pluriel

  • Il n’existe pas une seule laïcité mais différents types de laïcité, que le module distingue en abordant la question dans trois contextes : français, belge et américain.
  • Comparer ces contextes évite de traiter un modèle national particulier comme la norme universelle de ce que « laïcité » devrait signifier.

3. Le créationnisme, exemple paradigmatique

  • La controverse sur le créationnisme a servi d’exemple paradigmatique de la lutte entre la pensée critique, incarnée ici par la liberté de la science et de l’enseignement, et des revendications religieuses.
  • L’enjeu était la volonté des défenseurs du créationnisme, sous ses différentes formes et déguisements, de fragiliser et de délégitimer les cours de biologie évolutionniste.

4. Deux stratégies : l’attaque frontale et le « loup dans la bergerie »

  • L’attaque frontale contre la laïcité et la pensée critique n’est pas la seule stratégie employée. Une seconde, que le cours appelle familièrement le « loup dans la bergerie », consiste à adopter le langage même de la pensée critique pour mieux la miner de l’intérieur.
  • Concrètement : présenter le dessein intelligent (intelligent design) comme une doctrine scientifique valable, implicitement plus compatible avec l’idée d’un Dieu créateur que la théorie de l’évolution, tout en montrant que les autorités scolaires refusent de l’enseigner.
  • Le procédé retourne les valeurs mêmes de la pensée critique contre elle : le créationnisme prend la forme d’une défense de la controverse et d’un refus de la censure par les pouvoirs publics.
  • Répondre à cette stratégie demande plus de subtilité que répondre à une attaque frontale. Dans l’affaire Kitzmiller, le juge Jones a montré que la controverse invoquée était artificielle et que le dessein intelligent n’était que de la religion déguisée en science.

5. Une grille de lecture à réemployer

  • La même rhétorique du « loup dans la bergerie » a été repérée dans la controverse du voile et de la burqa.
  • Certains la voient parfois à l’œuvre dans les demandes d’accommodement destinées à corriger les discriminations indirectes : s’agit-il d’une lutte conséquente contre les discriminations ou d’une reconquête de la sphère publique laïque par des mouvements religieux intégristes ? Le cours laisse explicitement la question ouverte.

L’acquis principal de ce module n’est donc pas une liste de conclusions, mais un outil de discernement. Une attaque frontale contre la science ou contre la laïcité se repère aisément ; ce qui se repère mal, c’est l’argument qui emprunte le vocabulaire de l’ouverture d’esprit, du pluralisme et du refus de la censure pour en désactiver le contenu. Reconnaître qu’une « controverse » peut être fabriquée, et qu’un appel à la liberté peut servir à la restreindre, exige précisément les instruments intellectuels que le MOOC cherche à fournir.

Le cours assume aussi qu’une partie des cas reste indécidée. Sur les accommodements comme sur le voile, il propose une grille d’analyse plutôt qu’un verdict : c’est au lecteur d’examiner, cas par cas, si la revendication relève de la correction d’une discrimination réelle ou d’une stratégie de reconquête. C’est là une exigence de la pensée critique elle-même, qui suppose de savoir suspendre son jugement sans renoncer à juger.

No summary of this video available yet. 😪