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This page was translated from the German original, partly by machine. Some passages may read awkwardly or contain inaccuracies. When in doubt, please read the original.

Pensée critique - Réactions au nom de la pensée critique

 

1. Le radicalisme religieux n’est pas l’apanage d’une religion

  • Les revendications religieuses radicales ne sont propres à aucune confession : il y a des catholiques intégristes, des fondamentalistes protestants (déjà rencontrés à propos de la controverse du créationnisme), des ultra-orthodoxes juifs, des fanatiques hindouistes, sans oublier la brutalité du communisme athée sous Staline.
  • Aujourd’hui, c’est cependant le monde musulman qui est bouleversé par un mouvement international, souvent très radical, de ré-islamisation.

2. Un cercle vicieux : islamisme et islamophobie

  • Les islamistes radicaux ne veulent surtout pas que les musulmans s’intègrent dans les sociétés « mécréantes » de l’Occident.
  • Ce travail idéologique aggrave en Europe la fracture entre une majorité méfiante, parfois islamophobe, et des minorités d’origine musulmane déjà victimes de discrimination et de ségrégation sociale et territoriale.
  • Les deux tendances s’alimentent l’une l’autre : l’islamisme nourrit l’islamophobie et réciproquement. D’où les questions posées : comment réagir, comment sauver les sociétés laïques, comment aider les musulmans libéraux à construire un islam compatible avec la laïcité, c’est-à-dire acceptant que l’État ne privilégie aucune conception spirituelle ?

3. Première position : les accommodements raisonnables

  • Cette position consiste à satisfaire dans la mesure du possible les revendications religieuses, en pariant qu’une telle attitude suscitera la loyauté d’individus reconnus et respectés dans leur identité.
  • Son fondement : la laïcité exige que personne ne soit traité plus mal qu’un autre en raison de ses convictions, c’est-à-dire ne soit discriminé, distingué arbitrairement des autres.
  • Or certaines discriminations sont indirectes : non voulues, elles sont les conséquences involontaires d’une politique ou d’une loi. Les personnes plus affectées que d’autres demandent alors des accommodements, des aménagements, des ajustements.

4. Le cas du peyotl (Cour suprême des États-Unis, 1990)

  • L’Oregon avait promulgué une loi d’intérêt général visant à protéger la santé publique : elle interdisait l’usage d’un ensemble de drogues dures.
  • Or des communautés indiennes utilisaient depuis des temps immémoriaux le peyotl, plante hallucinogène, dans leur culte : sans lui, elles ne pouvaient plus se mettre dans l’état réceptif au sacré et aux divinités.
  • La loi, qui ne les visait pas, les affectait donc négativement, alors qu’elle n’affectait pas les chrétiens, les juifs ou les musulmans, qui n’utilisent pas ces substances. Les Indiens s’estimaient indirectement discriminés : ils ne demandaient pas l’abrogation de la loi, mais une exemption pour motif de liberté religieuse.
  • La Cour rompit à cette occasion avec une tradition favorable aux accommodements et refusa leur demande.

5. Le problème de fond : le risque inflationniste

  • L’arrêt n’intéresse pas le cours pour lui-même, mais parce qu’il fait ressortir le caractère problématique des accommodements.
  • L’argument : comme la demande est faite au nom d’une religion et que l’État n’est pas habilité à discuter du contenu de cette religion, la demande est potentiellement inflationniste. On ne voit pas où elle s’arrêtera, ni qui définira à partir de quel moment elle devient déraisonnable.
  • Le problème ne tient pas au caractère controversé de l’exemple : des demandes de repas particuliers liés à des interdits religieux ou de dispense de certains cours comme la biologie posent exactement la même difficulté.

6. Seconde position : le refus des accommodements

  • La réaction inverse refuse les dérogations pour ne pas enfermer les individus dans leur communauté et pour traiter tout le monde de façon strictement identique, ce qui créerait un lien citoyen par-delà les groupes religieux.
  • Elle refuse de prendre les revendications émises par des leaders souvent autoproclamés pour des données, et veut écouter la base, souvent intimidée et coincée entre le rejet par la majorité et les pressions intégristes dans son propre groupe minoritaire.
  • D’où, par exemple, le refus du port de signes religieux à l’école, quels qu’ils soient : pour ne pas différencier a priori les élèves selon leur appartenance, pour créer un lien solide entre eux et pour les mettre quelque temps à l’abri du bruit et de la fureur des conflits politico-religieux. Tout le monde suit les mêmes cours et l’on favorise l’esprit critique et la libre discussion.
  • Elle soupçonne enfin une instrumentalisation de la liberté de conscience : derrière l’invocation de ce droit, une reconquête de l’espace public par les religions, tandis que d’autres droits, ceux des femmes à l’égalité ou ceux des homosexuels, seraient passés sous silence. Elle réactive le vieux combat entre la loi de Dieu et la loi des hommes, entre des autorités qui prétendent penser à la place du peuple et le droit des individus à s’autodéterminer : ce n’est pas parce qu’une religion est minoritaire qu’elle pèse moins sur les personnes concernées.

La leçon se clôt sans trancher, et ce refus de trancher est lui-même l’objet du cours. Les deux positions sont présentées avec leur force et leur coût : la position accommodationniste affronte réellement le problème des discriminations indirectes, mais reste menacée par l’inflation des revendications religieuses, donc par la multiplication des exceptions à la loi générale ; le refus des accommodements défend une stricte égalité citoyenne, au prix d’une insensibilité aux effets involontaires des lois générales.

Pour la pensée critique, l’exercice consiste précisément à tenir les deux séries d’arguments sans en escamoter une. Le cas du peyotl le montre bien : il est choisi non pour son verdict, mais parce qu’il rend visible une question de principe que des exemples plus anodins (repas, dispenses de cours) posent à l’identique. Comme le conclut le cours, la controverse est ouverte et chacun se formera son propre jugement.

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