17. Informal Fallacies - Presumption Part 5
Summary
Résumé
This final session of Allan Di Donato's tour through the informal fallacies completes the third major category, the fallacies of presumption, and zooms in on those that arise in inductive reasoning. The unifying theme is missing evidence: each of these fallacies tries to draw a conclusion from no real evidence at all. Because induction never yields certainty (and, some argue, never strictly yields truth), an inference built on no genuine evidence can only land on the truth by accident. Four "ultimate" fallacies round out the series.
Cette dernière séance du parcours d’Allan Di Donato à travers les sophismes informels achève la troisième grande catégorie, celle des sophismes de présomption, et s’attarde sur ceux qui naissent dans le raisonnement inductif. Le fil conducteur est celui des preuves manquantes : chacun de ces sophismes tente de tirer une conclusion en l’absence de toute preuve réelle. Comme l’induction ne procure jamais la certitude (et, selon certains, jamais la vérité au sens strict), une inférence bâtie sans preuve véritable ne peut atteindre le vrai que par accident. Quatre sophismes « ultimes » viennent clore la série.
1. Hypothesis Contrary to Fact
1. L’hypothèse contraire aux faits
A hypothesis contrary to fact is an argument shaped like a "what if" game: it treats a hypothetical scenario as though it were a fact in order to support a conclusion. The pattern is "things would be this way if such-and-such were the case," but the trouble is that such-and-such is not the case, so the imagined situation carries no weight. People conjure up unobservable evidence or possible scenarios that would conveniently disprove an opponent or prop up their own view, yet unobservable evidence is not evidence, and there is no reason to accept unsubstantiated imaginary scenarios. A sound argument has to be about how things actually are in the real world.
Une hypothèse contraire aux faits est un argument bâti comme un jeu de « et si » : il traite un scénario hypothétique comme s’il s’agissait d’un fait, afin d’étayer une conclusion. Le schéma est « les choses seraient ainsi si telle ou telle chose était le cas », mais l’ennui est que cette chose n’est pas le cas : la situation imaginée ne pèse donc rien. On invoque des preuves inobservables ou des scénarios possibles qui, opportunément, réfuteraient un adversaire ou soutiendraient sa propre position ; or une preuve inobservable n’est pas une preuve, et il n’y a aucune raison d’accepter des scénarios imaginaires non étayés. Un argument concluant doit porter sur ce qui est réellement le cas dans le monde réel.
This is also called an ad hoc hypothesis (from the Latin "to this," meaning "for this purpose"), because the hypothesis is invented purely to rescue a theory or to argue against someone else. Di Donato's examples include: "If Hitler had never invaded Russia, the Nazis would have won World War II"; "If you had taken that automotive repair course after high school, you'd be financially stable now"; the 9/11 conspiracy claim that the government staged the attacks and pays off the news networks; and the suggestion that there is no archaeological evidence for the Book of Mormon because God wants us to accept it on faith. In each case, the inventor of the scenario insulates a belief from any real-world test.
On parle aussi d’hypothèse ad hoc (du latin « à ceci », c’est-à-dire « à cette fin »), parce que l’hypothèse est inventée dans le seul but de sauver une théorie ou de contrer quelqu’un. Parmi les exemples de Di Donato : « si Hitler n’avait jamais envahi la Russie, les nazis auraient gagné la Seconde Guerre mondiale » ; « si tu avais suivi cette formation en mécanique automobile après le lycée, tu serais aujourd’hui à l’abri financièrement » ; la thèse complotiste selon laquelle le gouvernement aurait orchestré les attentats du 11 Septembre et achèterait le silence des chaînes d’information ; ou encore l’idée qu’il n’existe aucune preuve archéologique du Livre de Mormon parce que Dieu veut que nous l’acceptions par la foi. Dans chaque cas, l’inventeur du scénario met sa croyance à l’abri de toute épreuve dans le monde réel.
2. Fake Precision
2. La fausse précision
Fake precision occurs when someone tosses out numbers or statistics that look too exact to be trustworthy. Statistics are already easy to frame and manipulate, but citing precise figures is especially problematic: some polls force a simple yes/no answer when the real situation is far more complicated, and a sample poll may be biased, meaning it is not truly representative.
La fausse précision apparaît lorsque quelqu’un avance des chiffres ou des statistiques d’une exactitude trop belle pour être fiable. Les statistiques se cadrent et se manipulent déjà facilement, mais citer des chiffres précis est particulièrement problématique : certains sondages imposent une réponse en oui/non alors que la réalité est bien plus complexe, et un échantillon peut être biaisé, c’est-à-dire non véritablement représentatif.
His leading example is a poll claiming "most Americans believe the U.S. should pull all troops out of Afghanistan," when the question actually asked only whether troops should be withdrawn "sooner or later." That wording lets pollsters twist the data into apparent unqualified support for ending the war. Other examples are the mouthwash advertisement asserting that "over 100 million Americans have bad breath" (how could such a study even be conducted?) and the suspiciously exact claim that a president's policies "saved 10.3 million people from losing their jobs."
Son exemple principal est un sondage affirmant que « la plupart des Américains estiment que les États-Unis devraient retirer toutes leurs troupes d’Afghanistan », alors que la question posée demandait seulement si les troupes devaient être retirées « tôt ou tard ». Cette formulation permet aux sondeurs de tordre les données jusqu’à un soutien apparent et sans réserve à la fin de la guerre. Autres exemples : la publicité pour un bain de bouche affirmant que « plus de 100 millions d’Américains ont mauvaise haleine » (comment une telle étude pourrait-elle seulement être menée ?) et l’affirmation suspecte d’exactitude selon laquelle la politique d’un président aurait « évité à 10,3 millions de personnes de perdre leur emploi ».
3. Appeal to Probability (the Gambler's Fallacy)
3. L’appel à la probabilité (le sophisme du joueur)
The appeal to probability, also known as the gambler's fallacy, is the assumption that because something can happen, it therefore will or did happen. Di Donato stresses the key distinctions: possibility does not imply probability, and probability is not necessity. Having the potential to occur does not mean an event actually occurs. He illustrates this with the famous "so you're telling me there's a chance" film clip, where a one-in-a-million chance is heard as encouragement. More serious examples include the claim that amino acids could happen to fall into the precise order needed to build proteins and cells (nothing in their nature drives them to do so), and the gambler's conviction that "since I keep losing on this slot machine, the odds are I'll eventually win if I keep playing."
L’appel à la probabilité, aussi appelé sophisme du joueur, consiste à supposer que, parce qu’une chose peut arriver, elle arrivera ou est arrivée. Di Donato insiste sur les distinctions essentielles : la possibilité n’implique pas la probabilité et la probabilité n’est pas la nécessité. Qu’un événement ait le potentiel de se produire ne signifie pas qu’il se produise. Il l’illustre par le célèbre extrait de film « alors tu me dis qu’il y a une chance », où une chance sur un million est reçue comme un encouragement. Parmi les exemples plus sérieux : l’idée que des acides aminés pourraient se retrouver par hasard dans l’ordre précis nécessaire à la formation des protéines et des cellules (rien dans leur nature ne les y pousse), et la conviction du joueur selon laquelle « puisque je perds sans arrêt à cette machine à sous, j’ai de bonnes chances de finir par gagner si je continue ».
4. Confirmation Bias
4. Le biais de confirmation
The series closes with confirmation bias, the tendency to seek only evidence that confirms one's own position while ignoring whatever contradicts it, accepting uncritically anything that fits one's presuppositions. Di Donato pictures everyone as having a "skeptic dial": we turn it down when gathering support for our own view and crank it all the way up when facing opposing evidence. Because data can almost always be interpreted to fit a position, people manage to find support even for the most outlandish theories (think of shows like Ancient Aliens or films like The Da Vinci Code). He notes this overlaps with special pleading and suppressed evidence discussed earlier in the course.
La série se clôt sur le biais de confirmation : la tendance à ne chercher que les preuves qui confortent sa propre position, en ignorant tout ce qui la contredit et en acceptant sans examen ce qui cadre avec ses présupposés. Di Donato imagine que chacun dispose d’un « bouton de scepticisme » : nous le baissons quand nous rassemblons des appuis pour notre propre thèse et le poussons à fond devant les preuves contraires. Comme on peut presque toujours interpréter des données de manière à les faire cadrer avec une position, on parvient à trouver du soutien même aux théories les plus extravagantes (songez à des émissions comme Ancient Aliens ou à des films comme Da Vinci Code). Il note le recoupement avec le plaidoyer spécial et la preuve occultée évoqués plus tôt dans le cours.
Crucially, he argues that having a bias is neither wrong nor irrational; we cannot escape favoring some position. But this does not mean we cannot be objective: if objectivity were impossible, no one could ever change their mind, yet people change their minds all the time. His examples of bias include "George Bush was behind 9/11 because our intelligence is too good to be outwitted by terrorists in caves" and the self-flattering reading that a girl "likes me because she looks back when I look at her."
Point capital : selon lui, avoir un parti pris n’est ni condamnable ni irrationnel ; nous ne pouvons pas échapper au fait de pencher pour une position. Mais cela ne signifie pas que l’objectivité nous soit interdite : si l’objectivité était impossible, personne ne pourrait jamais changer d’avis, or les gens changent d’avis en permanence. Parmi ses exemples de parti pris : « George Bush est derrière le 11 Septembre, car nos services de renseignement sont trop bons pour se faire berner par des terroristes réfugiés dans des grottes » et la lecture flatteuse selon laquelle une fille « m’aime bien parce qu’elle me regarde quand je la regarde ».
Conclusion
Conclusion
These four fallacies bring the entire treatment of informal fallacies to a close. Di Donato signals that the next video will move on to the basics of inductive reasoning, staying within informal logic. The fallacies covered here will remain relevant as the course turns to examining different types of thinking.
Ces quatre sophismes closent l’ensemble du traitement des sophismes informels. Di Donato annonce que la vidéo suivante passera aux bases du raisonnement inductif, en restant dans la logique informelle. Les sophismes vus ici resteront pertinents lorsque le cours en viendra à examiner les différents types de pensée.