20. Alief
Wireless Philosophy, Cognitive Biases, 4:00. Original title: CRITICAL THINKING - Cognitive Biases: Alief [HD]
Summary
Résumé
Laurie Santos (Yale University) introduces the concept of alief as part of a series on cognitive biases.
Laurie Santos (Yale University) introduit la notion d'alief dans le cadre d'une série sur les biais cognitifs.
The skywalk thought experiment
L'expérience de pensée du Skywalk
Santos asks us to imagine walking onto the Skywalk at the Grand Canyon, a glass bridge suspended four thousand feet above the Colorado River, and looking down. Most people would feel terrified: a racing heart, sweaty palms, a tight grip on the railing. Yet the Skywalk is, by every measure Santos cites, perfectly safe. It is bolted in place with hundreds of steel girders, exactly as strong as it would be with an opaque floor, and thousands of visitors cross it every year without a single fall; it is safer than crossing the street or riding in a car. So why are we still afraid?
Santos nous invite à imaginer que nous nous avançons sur le Skywalk du Grand Canyon, une passerelle de verre suspendue à plus de mille deux cents mètres au-dessus du fleuve Colorado, et que nous regardons en bas. La plupart des gens seraient terrifiés : cœur battant, paumes moites, main crispée sur la rambarde. Pourtant le Skywalk est, selon tous les critères que cite Santos, parfaitement sûr. Il est boulonné par des centaines de poutrelles d'acier, exactement aussi solide qu'il le serait avec un plancher opaque, et des milliers de visiteurs le traversent chaque année sans la moindre chute ; il est plus sûr que traverser la rue ou monter en voiture. Alors pourquoi avons-nous tout de même peur ?
Belief versus alief
Croyance et alief
The disconnect points to what the philosopher Tamar Gendler called an alief: an automatic, habitual, belief-like attitude toward things we instinctively like, dislike or are simply used to. Gendler chose the term because aliefs resemble beliefs while being affective, associative, automatic and arational. On the Skywalk, you believe you are safe, otherwise you would not have stepped out, but you simultaneously alieve that you are at risk, which is what produces the sweaty palms. Aliefs do not track what we actually believe to be true.
Ce décalage renvoie à ce que la philosophe Tamar Gendler a appelé un alief : une attitude automatique, habituelle et semblable à une croyance envers ce que nous aimons ou n'aimons pas d'instinct, ou dont nous avons simplement l'habitude. Gendler a choisi ce terme parce que les aliefs ressemblent aux croyances (en anglais beliefs) tout en étant affectifs, associatifs, automatiques et arationnels. Sur le Skywalk, vous croyez être en sécurité, sans quoi vous n'y seriez pas monté, mais vous alievez simultanément être en danger, et c'est cela qui produit les paumes moites. Les aliefs ne suivent pas ce que nous tenons effectivement pour vrai.
Why aliefs are sticky
Pourquoi les aliefs sont tenaces
Even once we realise that an alief does not match what we believe, it does not go away; it keeps guiding our behaviour anyway. Santos gives several examples: fear at horror films such as Jaws, even though we know the shark is plastic; the psychologist Paul Rozin's finding that people do not want to eat a piece of chocolate shaped into something unappetising, even though it would taste exactly the same; and the cognitive scientist Fiery Cushman's finding that people are reluctant to strike a plastic hand with a hammer, even knowing it is not real.
Même une fois que nous constatons qu'un alief ne correspond pas à ce que nous croyons, il ne disparaît pas ; il continue malgré tout de guider notre conduite. Santos donne plusieurs exemples : la peur devant les films d'horreur comme Les Dents de la mer, alors même que nous savons que le requin est en plastique ; le résultat du psychologue Paul Rozin, selon lequel les gens refusent de manger un morceau de chocolat façonné en une forme peu appétissante, bien qu'il ait exactement le même goût ; et celui du spécialiste des sciences cognitives Fiery Cushman, selon lequel les gens rechignent à frapper au marteau une main en plastique, tout en sachant qu'elle n'est pas réelle.
Aliefs in more serious cases
Les aliefs dans des cas plus graves
Santos extends the idea to bias: someone who has lived in a society structured by racial bias may believe that African-Americans and Caucasians are equal, while their aliefs still carry a whole host of implicit racial biases; someone from a society where men tend to be doctors and women tend to be nurses may believe women are just as good as men at science, while their aliefs differ. Santos notes that psychologists have recently shown such biased aliefs can play a bigger role in hiring decisions than people think.
Santos étend l'idée aux préjugés : une personne ayant vécu dans une société structurée par des préjugés raciaux peut croire que Noirs et Blancs sont égaux, tandis que ses aliefs charrient encore toute une série de préjugés raciaux implicites ; une personne venue d'une société où les hommes sont plutôt médecins et les femmes plutôt infirmières peut croire que les femmes valent les hommes en sciences, tandis que ses aliefs disent autre chose. Santos note que des psychologues ont récemment montré que de tels aliefs biaisés peuvent peser davantage qu'on ne le pense dans les décisions d'embauche.
Key takeaway
À retenir
Whenever you hesitate to touch a plastic spider, cry at a film you know is fictional, or notice one of your own mistaken biases, that is your aliefs, not your beliefs, at work.
Chaque fois que vous hésitez à toucher une araignée en plastique, que vous pleurez devant un film que vous savez fictif ou que vous remarquez l'un de vos propres préjugés erronés, ce sont vos aliefs, et non vos croyances, qui sont à l'œuvre.